L’Islande en famille en camping-car : 1 300 km à parcourir au rythme des enfants

Faire l’Islande en famille en camping-car transforme un road trip exigeant en voyage plus souple. On déjeune quand les enfants ont faim, on raccourcit une étape sous la pluie et l’on évite de refaire les valises chaque matin. Cette liberté demande toutefois une préparation précise : choisir un véhicule adapté, dormir dans les campings autorisés, composer avec une météo changeante et prévoir moins de kilomètres qu’entre adultes.
Camping-car, van ou 4x4 : le bon véhicule selon votre famille
Le véhicule idéal dépend du nombre de voyageurs, de l’âge des enfants et du parcours envisagé. La route 1, ou Ring Road, est en grande partie asphaltée et mène à de nombreux sites : cascades, plages de sable noir, lagunes glaciaires, zones géothermiques et fjords. Pour un premier voyage familial centré sur les grands incontournables, un 4x4 n’est donc pas indispensable.
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| Solution | Pour qui ? | Atouts | Limites |
|---|---|---|---|
| Van aménagé | Couple avec un enfant ou petite famille organisée | Maniable, généralement inférieur à 5 m, plus simple à garer | Rangements et espace de vie limités par mauvais temps |
| Camping-car | Famille recherchant du confort au quotidien | Couchages, cuisine, rangements, eau, toilettes et parfois douche | Véhicule encombrant, souvent autour de 7 m |
| Camper 4x4 | Famille visant des zones isolées, selon les conditions et le contrat | Compatible avec certaines routes de montagne | Coût, conduite et confort à examiner attentivement |
| Voiture et hébergements | Famille privilégiant l’espace une fois arrivée | Conduite facile, nuits fixes | Réservations multiples et moins de souplesse |
Ne choisissez pas un 4x4 seulement pour les F-roads
Les F-roads sont des routes de montagne soumises à des ouvertures saisonnières et à des restrictions. Leur accès dépend du véhicule, de la météo et des clauses du loueur. Les franchissements de gués demandent aussi une expérience qui ne convient pas à tous les équipages. Avec des enfants, il est souvent plus simple de profiter pleinement du Cercle d’Or, de la côte sud, de Jökulsárlón, de Mývatn ou de Snæfellsnes plutôt que de construire le séjour autour de pistes incertaines.
Budget et réservation : ce qu’il faut comparer avant de louer
En été, la location d’un camping-car coûte environ 300 à 600 € par jour, tandis qu’un camper van se situe plutôt autour de 200 à 300 € par jour. En hiver, un camping-car peut être proposé autour de 200 € par jour. Ces écarts dépendent notamment de la saison, de la taille du véhicule, de la durée, des équipements, des assurances et des disponibilités. Réserver tôt offre généralement davantage de choix, surtout pour les véhicules équipés de vrais couchages familiaux et de sièges auto compatibles.
Le prix affiché n’est pas le budget du voyage
Avant de valider une location, vérifiez la caution, la franchise, les protections incluses, les conditions de kilométrage, le chauffage, le kit cuisine, le linge, les sièges enfants et les éventuels frais de prise en charge. Ajoutez le carburant, les campings, l’alimentation, les activités et les dépenses de lavage. Le camping-car réduit les changements d’hôtel et facilite les repas préparés à bord, mais il ne rend pas l’Islande bon marché. Le gain vient surtout de l’autonomie et d’une organisation sobre.
Venir avec son propre camping-car est aussi possible par ferry, depuis Hirtshals vers Seyðisfjörður via les îles Féroé. La traversée dure environ deux jours et le ferry est indiqué à raison d’un trajet par semaine dans les informations disponibles. Un aller-retour avec un grand véhicule représente en moyenne un peu moins de 1 000 €. Cette option devient surtout pertinente pour un voyage long ou pour les familles qui connaissent déjà leur véhicule et son équipement.
Un itinéraire familial réaliste : privilégier le sud avant le tour de l’île
La route circulaire fait environ 1 300 km. Sur le papier, dix jours peuvent suffire pour en faire le tour. Avec des enfants, cette durée laisse pourtant peu de marge pour un réveil difficile, du vent fort ou une journée pluvieuse. Le bon itinéraire n’est pas celui qui coche le plus de lieux, mais celui qui laisse du temps pour marcher, jouer, manger chaud et observer un paysage sans regarder l’horloge.
Une semaine : Cercle d’Or et côte sud
Pour sept jours, concentrez-vous sur Reykjavík, Þingvellir, Geysir et Gullfoss, puis sur la côte sud jusqu’à Vík, les cascades de Seljalandsfoss et Skógafoss, les plages noires et, si le rythme le permet, la lagune glaciaire de Jökulsárlón. Stokkur jaillit toutes les 5 à 10 minutes et peut atteindre près de 20 m. C’est un arrêt spectaculaire sans longue randonnée. Gardez volontairement des demi-journées peu remplies pour vous adapter aux conditions.
Dix jours à deux semaines : ajoutez sans surcharger
À partir de dix jours, poursuivez vers Höfn, les fjords de l’Est, Egilsstaðir, Mývatn et Húsavík pour une sortie d’observation des baleines, puis Akureyri et Snæfellsnes si les étapes restent confortables. Deux semaines ou plus permettent un tour de l’île plus apaisé. Prévoyez des journées courtes autour des régions les plus riches : à Mývatn, la boucle de Leirhnjúkur demande environ 1 h 45 ; près de Svartifoss, le sentier est donné pour environ 45 minutes. Ces durées s’allongent avec un petit marcheur, des pauses et un porte-bébé.
Organisez chaque journée autour de quatre temps simples : une étape de route, un arrêt qui plaît aux enfants, un moment de récupération et une solution de repli. Cette méthode évite les journées faites de longs trajets et de visites expédiées. Un camping proche du prochain site, une piscine municipale en cas de pluie ou une promenade sur caillebotis autour d’une zone géothermique peuvent préserver l’équilibre de la journée.
Dormir, conduire et vivre à bord sans subir le voyage
Le camping sauvage est interdit ou strictement réglementé. Prévoyez donc les campings officiels plutôt que de compter sur un stationnement improvisé. La Camping Card peut être intéressante selon votre circuit et les établissements choisis, mais elle ne remplace pas la vérification des services, des dates d’ouverture et de la place disponible. Dans un camping, vous trouverez plus facilement de l’eau, des sanitaires, une vidange et un cadre adapté aux enfants.
L’autonomie se prépare avant le départ quotidien
Chaque matin, faites le plein d’eau quand c’est possible, rechargez les appareils, vérifiez le niveau de carburant et prévoyez un repas simple, accessible sans grande installation. Les douches de camping sont souvent payantes. Les piscines municipales constituent une bonne alternative pour se laver et se réchauffer, tout en offrant une activité appréciée des enfants. Préservez les sites naturels : emportez vos déchets, restez sur les sentiers et ne roulez jamais hors des voies autorisées.
Météo, lumière et sécurité avec des enfants
En été, la température tourne autour de 10 °C et les journées sont très longues. Cette lumière quasi permanente permet de rouler tôt ou tard, mais elle peut perturber les siestes et le coucher. Des masques de sommeil, des rideaux occultants et un rituel du soir aident à recréer des repères. Emportez des couches superposables, des vêtements imperméables, un bonnet, des gants, des chaussures adaptées à l’humidité et une tenue sèche facilement accessible.
Consultez les prévisions avant chaque trajet et acceptez de modifier le programme en cas de vent, de pluie ou de visibilité réduite. Sur route gravillonnée, ralentissez. Surveillez les moutons et ne vous arrêtez que dans les zones prévues. Pour les bébés et les jeunes enfants, un porte-bébé est souvent plus pratique qu’une poussette sur les sentiers irréguliers. Alternez enfin les grands paysages avec des plaisirs simples : une soupe chaude, une aire de jeu, un hot pot adapté et une courte marche valent mieux qu’une succession de kilomètres.
Les expériences qui marquent vraiment les enfants
L’Islande se prête aux découvertes faciles à raconter : voir la vapeur sortir d’une solfatare à Hverir, écouter une cascade, toucher le sable noir de Vík ou chercher les blocs de glace à Jökulsárlón. À Djúpivogur, l’œuvre composée de 34 œufs d’oiseaux peut aussi devenir une pause ludique. Choisissez une activité principale par jour, puis laissez de la place à l’imprévu.
- Une baignade en piscine municipale ou dans une source chaude adaptée aux familles.
- Une courte randonnée avec porte-bébé vers une cascade ou un point de vue.
- Une sortie d’observation des baleines depuis Húsavík, réservée selon la météo et l’âge des enfants.
- Une promenade sur la péninsule de Snæfellsnes, entre falaises, orgues basaltiques et plages.
- Une soirée calme au camping pour observer la lumière, cuisiner et récupérer.
La réussite d’un voyage en Islande en famille en camping-car ne se mesure pas au nombre de régions parcourues. Elle repose sur un véhicule suffisamment confortable, un parcours volontairement allégé et la capacité à laisser la météo décider d’une partie de l’aventure.